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La crise, catalyseur de transformation !

Crise sanitaire, crise politique, crise industrielle, crise financière, crise environnementale, crise sociale, autant de voyants rouges qui s’éclairent chaque jour sur nos écrans et semblent entraîner systèmes politiques et organisations vers de profonds abîmes.

Fustigation voire déshonneur des dirigeants, regards accusateurs tournés vers les actionnaires, désaveu du politique, récupération par les organisations syndicales, amplification par la presse ; autant d’agitation et d’inquiétude qui mobilisent toutes les énergies pour tenter un retour rapide à une situation normale : « le monde d’avant ».

La crise est pourtant une irrémédiable rupture, un retournement. Elle dérange. Elle fait peur. Elle peut déstabiliser et renverser les plus puissantes organisations et les systèmes politiques les plus solides. Sous les frasques médiatiques qu’elle déclenche, la crise transforme profondément et en silence l’entreprise ou la société qui la traverse.

Qu’on soit client, salarié ou citoyen, la crise mobilise nos inconscients autour d’un fantasme : on nous aurait volontairement caché quelque-chose, ce quelque-chose que la crise aurait finalement fait éclater au grand jour. On nous aurait menti. On aurait abusé de notre confiance, de notre sympathie, mis en danger notre sécurité, bafoué nos valeurs. Bref, nous voilà soudainement confronté à une réalité fulgurante qu’on ne peut plus ignorer : on ne nous avait pas dit cela, on ne nous avait donc pas tout dit ; diantre !

La crise interrompt brutalement une routine bien installée, bien huilée. Elle pointe un défaut, un manque, quelque-chose qu’on aurait oublié de sécuriser, de verrouiller, de contrôler. En cela, la crise dérange. Elle nous rappelle soudain à nos limites, à la fragilité des processus, à la faille intrinsèque qui se terre dans toute organisation et dans tout système. Elle pointe notre (bienheureuse) finitude en nous confrontant à notre impuissance et à celle des organisations dans lesquelles nous évoluons. Décidément non, on ne peut pas tout prévoir, tout sceller, tout sécuriser, tout maîtriser ! Et c’est bien cela que la crise vient balayer de plein fouet : notre illusoire tentative de tout mettre sous contrôle.

Les exemples sont légion, notamment en entreprises ! Et dans chacun, au départ, il y a toujours cette petite faille exploitable qu’on aura longtemps négligée. Une faille d’où tôt ou tard naîtra potentiellement un événement majeur propre à déclencher une crise.

La crise est pourtant un véritable catalyseur de transformation ! Elle contient en elle-même un puissant antioxydant pour les entreprises qui s’y trouvent confronté et qui savent l’utiliser, une enzyme du changement. Elle contient le poison et l’antidote, pour peu que dirigeants et décideurs s’ouvrent à cette remise en question de leurs pratiques, cette mise à plat de leurs croyances et acceptent pour un temps de ne plus rien savoir. Pour peu qu’ils cèdent sur leurs certitudes, qu’ils suspendent leurs raisonnements. Pour peu qu’ils soient accompagnés dans ce travail de lâcher-prise, dans ce retournement sur eux-mêmes. Qu’ils soient « passés à la question », qu’ils soient incités à réfléchir ensemble et à co-créer de nouvelles manières de faire. Pour peu qu’on les incite à être vigilants à ce que l’énergie ne soit pas mise à vite effacer ce « petit dérèglement du quotidien », mais à observer ce qui a été définitivement modifié par la crise, ce qui a été révélé par elle. A condition également que cette énergie ne soit plus mise à retrouver ce qui est définitivement perdu ou à reconstruire à l’identique, mais bien à créer quelque-chose de nouveau à partir de cette brèche salutaire que la crise aura ouverte, à inventer autre-chose.

Car la crise, pour peu qu’elle soit accompagnée dès le départ – non par un consultant qui interviendrait sur le mode conseil – mais par un coach de crise qui mobiliserait le questionnement et la créativité, peut être un formidable media de transformation durable, de recyclage et de régénération de l’entreprise, de ses publics et de ses marchés.

Et dès lors, bien appropriée et bienheureuse se trouverait être l’une des définitions de nos dictionnaires. On peut y lire : Crise – nom féminin singulier du latin crisis : Accès d’enthousiasme !

Fabien FIARD – Coach professionnel accrédité Master Coach EMCC

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